11/3/17 Guipavas : Une parenthèse football pour des mineurs réfugiés
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Le foot est universel. Pour preuve, des jeunes migrants ont pu taper dans le ballon, hier après-midi, au stade de Kerlaurent à Guipavas, avec des bénévoles du réseau d'aide aux migrants.

Même pas cinq minutes de jeu, et déjà un premier but sur penalty suite à un tacle un peu trop viril dans la surface de réparation. Ça démarre fort sur le terrain synthétique de Kerlaurent. « Eh les gars, ce n'est pas la Coupe du monde, c'est un match pour se faire plaisir », avait pourtant pris soin de rappeler Luc Tréguer, le président du club de l'AL Coataudon, autoproclamé arbitre de cette rencontre de foot à sept.

Esprit de fraternité

Car ce vendredi, le score importe finalement peu, bien moins en tout cas que l'esprit de fraternité qui a tôt fait de se transmettre d'une nationalité à l'autre, presque aussi vite que le ballon. Dans les deux équipes, les jeunes migrants sont mélangés avec des bénévoles du réseau du pays de Brest « pour l'accueil des migrants dans la dignité ». Autour du cuir, la barrière de la langue s'estompe, quand le petit ailier albanais adresse une passe décisive à son attaquant malien.
 
Grande première à Brest, cette initiative a spontanément réuni le club de l'AL Coataudon, la municipalité (à qui appartient le terrain), représentée par Gildas Roué, et les bénévoles des associations comme Utopia 56. Ils s'appellent Ibrahima, Sylvan, Rudy, Michel... et sont arrivés du Congo, de Guinée, du Mali, de Côte d'Ivoire ou encore d'Albanie. Tous ont franchi les frontières de façon illégale, à l'image de Sissé, jeune Ivoirien de 15 ans, qui est passé par l'Italie, la Suisse, puis Paris et enfin Brest, d'où il est descendu du train à Noël dernier.

Le foot, un espoir

Tous espèrent obtenir un titre de séjour, mais cette partie-là est autrement plus difficile à gagner. Beaucoup sont suspectés d'être majeurs. Dans l'attente du résultat des tests osseux, leur situation reste donc précaire même s'ils sont logés, nourris, blanchis, grâce à la mobilisation militante. Certains rêvent de percer dans le foot sur le vieux continent. Mais sans papiers, impossible d'obtenir une licence dans un club local. Les superviseurs du Stade brestois devront encore patienter.
 
Un match fraternel entre deux équipes à sept où s'entremêlaient des mineurs étrangers et des bénévoles du réseau du pays de Brest pour l'accueil des migrants dans la dignité. Les images de Jean-Luc Padellec. Plus d'infos sur www.letelegramme.fr

Chrystel, de l'antenne brestoise d'Utopia 56, explique comment cette animation a pu être mise en place, grâce à une belle chaîne de solidarité incluant la municipalité et le club de football de l'AL Coataudon.

Migrants. La belle parenthèse foot des mineurs isolés étrangers
 


 

 


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